Rémi
J’en ai parlé à un ami ce week-end. On se connaît depuis des années, on a tous les deux passé la trentaine, et jusque-là je réussissais à lui raconter ma vie en faisant un détour autour de ce sujet précis. J’avais même préparé un message sur mon téléphone. Beaucoup trop long. Ça commençait par « il faut que je t’explique quelque chose sur moi », ce qui, après relecture, donnait surtout l’impression que j’allais lui annoncer une catastrophe. Finalement on était chez lui, le repas était fini, et j’ai dit que j’aimais porter des couches chez moi et que j’avais longtemps eu honte d’en parler. J’ai employé le mot ABDL après, parce qu’il ne le connaissait pas. Il m’a demandé si c’était quelque chose que je voulais garder entre nous. J’ai dit oui. Puis il m’a demandé depuis combien de temps je cherchais à lui en parler. Là, j’ai eu un blanc. Je n’avais préparé que des réponses sur les couches, pas sur moi. Je suis rentré soulagé, mais aussi un peu bizarre. Le lendemain j’ai failli lui envoyer une explication supplémentaire, puis encore une autre. Je me suis retenu. Il avait compris ce que je voulais lui dire, et il ne m’avait pas demandé un dossier. Pour l’instant ça restera le seul ami au courant. Je suis content de l’avoir fait avec lui. Ceux qui en ont parlé à un proche, vous avez aussi eu envie de tout réexpliquer le lendemain ?